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Albine VILLEGER, cogitation, inspiration, agitations scripturales et lignes horizontales de mots sans ego. Prédilections : Les territoires ont un langage, le paysage - Dans un monde de communication et d'image, quelle place pour le le silence en politique ?

Identités régionales, attractivité économique, compétitivité des territoires ... Marketing territorial or not marketing territorial ?

Publié le 20 Septembre 2014 par TerritoiresEnPaysage

Mille-feuille indigeste pour certains, repoussoir de l'attractivité pour d'autres, nos nombreuses collectivités locales défraient parfois la chronique du com'bashing en mode médiatique.

"Que faites-vous dans la vie ?" ; à cette question d'une banalité affligeante on hésite dorénavant à répondre quand on exerce le noble, mais néanmoins exigeant, métier de communicant public. Jusque là, chers collègues publico-communicants, rien que de très normal me direz-vous. Certes, mais parfois il y a des bonus ... Il en est ainsi de ceux qui arborent (et non abhorrent, please, no coquille this time) le joli titre, sur leur carte de visite, de marketing territorial. Je passe sur les psycho-rigides du service public Made in à l'ancienne pour qui le vocable "marketing" commence et s'arrête à une vision publicitaire de la filière aval, sans aucune appréhension de la fonction amont, consistant à organiser - ou tout du moins commencer à réfléchir à ... - le "produit" du service public en fonction des demandes, besoins, attentes des clients, qui en l'espèce sont des usagers. Banal, oui, mais préoccupant, en ces temps de disette budgétaire où nous pourrions imaginer que décliner le design de service, en mode collaboratif, avec les usagers qui donneraient leur avis sur les priorités financières constituerait une innovation participative, loin du gadget communicant.

Mais bon, là encore, passons une nouvelle fois et respectons avec la rigueur que nous leur devons les hussards territoriaux, compétents, animés par la foi du service public (oui, ils le sont) et qui, personne n'étant parfait, frôlent parfois l'excès de servitude.
Non, je me suis prise à laisser mes neurones vagabonder sur la réforme territoriale, le développement économique et mon honorable métier. Fichtre, si nous devons penser, vivre et pratiquer le "dev eco" en regional spirit, ou sinon point de salut, que deviennent les démarches d'attractivité, menées parfois tous azimuts - et là, loin s'en faut, pas toujours tout bien pensées et faites - par toutes les autres collectivités, sans compter le rôle un tantinet important de l'Etat pour l'accueil des investissement étrangers.

Et bien, étonnamment, cela m'a fait du bien ; j'ai lu les réflexions poils à gratter qui circulent sur la toile des réseaux sociaux, et que j'ai moi même fortement contribué à diffuser, et selon l'adage bien connu " quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se console" ! J'ai repris moult documentations, articles, interviews, points de vue, tribunes et autres expressions libres ou contraintes d'un bon nombre d'experts, et voilà, je me suis dit, rassurons-nous, le marketing territorial a encore de beaux jours devant lui ; le marketing territorial qui saura mixer l'intra et l'extra-muros, celui qui s'intéresse aussi à la qualité du service public, objectif compétitivité inclus, celui qui pense, à l'instar de Damien Robert, DG de l'EPA PLaine de France (*) que "La qualité de vie est le principal facteur de compétitivité " pour relever l'immense pari du Grand Paris avec trois défis : la vitesse pour produire une ville mieux et plus vite ; la résilience pour résister aux crises ; l'identité pour qu'on se reconnaisse "grand-parisien" et que ce sentiment d'appartenance au territoire se décline en une adhésion à son projet.

A cela s'ajoute le constat qu'une entreprise étrangère, quand elle s'implante, génère un éco-système vertueux de développement, pour peu que l'environnement proche s'y prête ; un environnement proche qui ne relève pas que du m2 de foncier disponible (c'est important), ou du prix de ce même m2 (c'est fondamental), mais aussi de la capacité à séduire des populations de cerveaux dans un monde fortement imprégné d'une concurrence farouche d'économie de la connaissance. "Une implantation durable est normalement tributaire de la localisation et de son insertion dans un environnement proche" (Le Nouvel économiste, en 2010). Un environnement composé d'infra-structures, de commerces, d'espaces verts, de services ...

M'est avis que les marketeurs territoriaux n'ont plus qu'à retrousser leurs manches, chacun dans leurs territoires pour s'y mettre ? Non ?

Et en attendant, je crois que je vais continuer à faire du marketing territorial pour contribuer à l'attractivité de "mon" territoire, parce qu'il le vaut bien !

(*) Les Echos, 16/09/2014

Identités régionales, attractivité économique, compétitivité des territoires ... Marketing territorial or not marketing territorial ?
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