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TERRITOIRES-EN-PAYSAGE.overblog.com

Albine VILLEGER, cogitation, inspiration, agitations scripturales et lignes horizontales de mots sans ego. Prédilections : Les territoires ont un langage, le paysage - Dans un monde de communication et d'image, quelle place pour le le silence en politique ?

Lettre posthume à Anna Politovskaia, Oct 2006 - Oct 2012

Publié le 1 Octobre 2012 par TerritoiresEnPaysage

Chère Anna Politovskaia,

Ainsi donc un peu d'humanité s'en est allée.
Balles non perdues

Mais plume entendue

Vous nous donniez à lire l'écho assourdissant de nos occidents taiseux.

Vous aviez choisi le courage des mots russes sans hurler avec les loups tchétchènes.

N'oubliant jamais que la barbarie est parfois si bien partagée par les adversaires ennemis.

Chère Anna,

Vous nous pardonnerez cette familiairité mais votre nom de famille est délicat pour nos mémoires d'Européens de l'Ouest. Il ne faudrait pas que cela nous serve d'excuse pour vous oublier, vous, belle âme slave emportée par une conscience professionnelle que l'on peine à décire tant elle s'affirme haut et fort comme le dernier rempart de nos amnésies droits de l'hommistes. Ainsi donc le G8 ou G10 négocie ; certes, grand bien lui fasse, les nécessités économiques trouveront-elles le temps d'évoquer, un jour, un soi-disant hasard de tireurs mal lunés, mal venus ? Ou plus probablement ouvriront-elles un tiroir à coulisses pour tirer un rideau de fumée diplomatique sur d'urgentes considérations internationales ?

Anna,

Dans notre hexagone européen, les journalistes et auteurs, ici ou là-bas, de Bretagne ou des Alpes, de Paris ou Evry, vantent les atouts et atours de leurs rivages marins, de leurs montagnes aux horizons hautains, de leurs territoires lointains, aimés, mais vouent aux gémonies les barbres d'ailleurs, où que soit cet ailleurs, si loin, si court de nos consciences écrivaines, mais avouent leur admiration pour vos écrits courage.

Tandis que, le soir venu, les plumes urbaines rentrent dans leur hall d'immeuble sans crainte de s'écrouler sous autre chose que la fatigue qui étreint nos vies bien rangées.

De nos latitudes françaises, de nos océaniques imaginatives, de nos altitudes alpines, de nos attitudes attentives, nous pensons à vous pour longtemps, et surtout pour toujours.

Lettre posthume à Anna Politovskaia, Oct 2006 - Oct 2012
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